Comment bien arroser ses plantes d’intérieur ? [Guide pour débuter]

Ah l’arrosage ! Bien souvent la bête noire des jardiniers d’appartement. Et vous avez bien raison, parce que l’arrosage est la toute première cause de mort des plantes d’intérieur. AVANT les problèmes de luminosité, de terreau, de bestioles ou autres… Et c’est normal, parce que l’eau, c’est la vie. Pour vos plantes, tout comme pour vous. Alors, comment bien arroser ses plantes d’intérieur ?

 

 

Il y a plein de façons de se tromper sur l’arrosage de vos petites beautés : trop d’eau, pas assez, au mauvais moment, avec la mauvaise eau, pas comme il faut… Pourtant, c’est aussi la chose la plus facile à corriger quand on comprend les bons principes. J’espère que ce guide vous aidera à y voir plus clair.

 

Bien arroser avec les bonnes règles

Avant de parler de méthode, il faut comprendre qu’il n’existe pas qu’une seule façon d’arroser. Ce qui fonctionne pour un cactus est catastrophique pour un Calathea. Ce qui convient en plein été devient excessif en janvier. Et ce qui marche dans un appartement bien chauffé à 21/22°C sera insuffisant dans une véranda fraîche.

Ce n’est pas forcément simple je vous l’accorde. Il y a toutefois quelques règles de base à connaître. Elles vous aideront grandement au début, le temps que « le métier rentre » et que vous ayez bien compris les besoins respectifs de vos plantes.

Pour commencer, trois éléments à considérer :

1) La plante

C’est une évidence, mais je la rappelle quand même : chaque espèce a ses propres besoins. On ne peut donc pas toutes les gérer de la même façon, alors il faut adapter. Soit les quantités, soit la méthode, soit la fréquence de vos arrosages.

Un Beaucarnea stocke l’eau dans son tronc et peut patienter des semaines sans la moindre goutte d’eau. Un Spathiphyllum hurle à l’aide quand il a soif en laissant retomber ses feuilles. Un Pothos va se contenter d’un arrosage tous les 10 à 15 jours, selon son emplacement chez vous.

Apprendre à connaître ses plantes une par une, c’est la base. Mais ça ne suffit pas (complètement) à cause des saisons

2) La saison

La grande majorité des plantes d’intérieur dans nos contrées est originaire des zones tropicales voire équatoriales du monde. Dans la nature, elles poussent de façon exubérante toute l’année. Mais chez nous, avec la baisse de la luminosité et les jours raccourcis, elles vont ralentir voire cesser leur croissance en automne et en hiver. Leurs besoins en eau vont donc diminuer en conséquence.

L’erreur la plus fréquente ? Conserver la même fréquence d’arrosage toute l’année. En hiver, on arrose moins, on attend plus longtemps entre deux arrosages, et surtout on vérifie toujours l’humidité du substrat avant d’agir.

Cela étant dit, vous devez aussi prendre en compte les conditions de votre intérieur.

3) L’emplacement et le substrat

Dans nos domiciles en hiver, l’hygrométrie peine à dépasser les 20%, à part dans la salle de bains après usage. Pour une plante qui dans son milieu naturel vit avec un taux d’humidité supérieur à 60% voire 80% c’est le Sahara. Les cactées et succulentes apprécient, mais elles aimeront moins l’absence de lumière. En plus vos plantes tropicales détestent les courants d’air froid. Mais elles ne supporteront pas non plus d’être collées aux radiateurs.

Le substrat aussi va tout changer : un « aroid mix » (typique pour les Alocasia, Anthurium, Philodendron, etc.) draine très vite, un terreau universel retient l’eau plus longtemps. Et selon l’exposition de votre petite beauté (plus ou moins de lumière) cela peut aussi changer.

Bref, tout ce qui précède explique pourquoi certaines plantes qui étaient florissantes jusque là déclinent brutalement à la fin de l’hiver. Vous avez arrosé « comme d’habitude » mais en réalité vous avez « noyé » votre plante…  Sauf qu’elle a mis plusieurs semaines/mois à vous le montrer.

🪴 Dans Vert Dure, chaque fiche de plante vous indique la fréquence d’arrosage recommandée. Ensuite, vous pouvez la personnaliser selon vos conditions, et la modifier à votre guise. Et vous recevez un rappel pour ne jamais oublier d’arroser votre petite beauté.

Quelle eau utiliser pour arroser vos plantes d’intérieur ?

C’est une question qu’on ne se pose pas forcément au début, et pourtant elle change beaucoup de choses.

L’eau du robinet en France est une eau potabilisée. Elle a donc été traité au chlore (ou à la chloramine) pour que vous puissiez la boire. Mais elle contient aussi du fluor, voire d’autres composés chimiques. Elle est aussi plus ou moins chargée en calcaire selon les régions. Ces éléments ne sont pas directement toxiques pour la plupart des plantes à petites doses, mais ils vont fragiliser les espèces les plus sensibles. Et surtout ils s’accumulent dans le substrat avec le temps.

Un petit point sur le « laisser reposer » : laisser l’eau dans un seau ouvert permet au chlore gazeux classique de s’évaporer partiellement, et évite le choc thermique de l’eau glacée sur les racines délicates des plantes tropicales. Mais le fluor ne s’évapore pas. En outre, de nombreuses communes françaises utilisent aujourd’hui de la chloramine à la place du chlore, un composé qui ne s’évapore pas non plus au repos. Laisser reposer reste donc un bon réflexe, mais ce n’est pas une solution miracle.

Et pour les espèces les plus sensibles au calcaire (Orchidée, Calathea, Alocasia, Fittonia, Maranta, Tillandsia, Adiantum, etc.) l’eau du robinet, même reposée, ne leur convient pas. il faut aller encore plus loin :

  • eau de pluie (la meilleure option) ou neige fondue
  • eau de source faiblement minéralisée
  • eau déminéralisée

Le signe le plus visible d’une eau trop calcaire ? Les bords des feuilles qui noircissent ou brunissent, sèchent, et des dépôts blancs sur le substrat ou les parois du pot (notamment sur les pots en terre cuite)

🪴 Dans Vert Dure, les plantes qui nécessitent une eau non calcaire sont clairement identifiées dans leur fiche. Vous savez exactement lesquelles surveiller.

Arrosage par le bas ou par le dessus ? Le pour et le contre

Ah ! C’est LE grand débat. Et comme souvent, la réponse honnête est : les deux fonctionnent, selon le contexte.

1) Arroser par le bas

La technique consiste à poser le pot (impérativement percé !) dans une cuvette ou un récipient rempli d’eau (aux 3/4 du pot) et à laisser le substrat absorber l’eau par capillarité, de bas en haut, pendant 10 à 15 minutes. On retire ensuite le pot et on le laisse bien égoutter complètement avant de le remettre en place.

Les avantages : le substrat s’imbibe en profondeur et de façon homogène, les racines sont encouragées à se développer vers le bas, la surface du substrat reste sèche (ce qui limite les moucherons du terreau), le collet et les feuilles ne sont jamais mouillés. Cette méthode permet aussi d’arroser plusieurs plantes à la fois dans un grand bac. Un gain de temps non négligeable quand on commence à avoir une belle collection.

Attention si vous utilisez des pots en terre cuite : la terre cuite étant poreuse, elle absorbe elle-même une bonne partie de l’eau. Prévoyez donc une immersion un peu plus longue, et rincez bien le substrat par le dessus toutes les 4 à 6 semaines pour évacuer les sels minéraux qui s’accumulent.

Certaines plantes ne doivent pas être immergées complètement. Le Phalaenopsis, par exemple, a un collet très sensible à l’humidité stagnante. On pose le pot dans l’eau en veillant à ce que le collet reste bien au-dessus du niveau du liquide. La règle : on mouille le substrat, pas la plante.

À l’inverse, les cactus et succulentes bénéficient d’une immersion complète jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles : c’est d’ailleurs la technique utilisée par de nombreux pépiniéristes.

2) Arroser par le dessus

C’est la méthode classique : on verse l’eau directement sur le substrat, en évitant les feuilles et le collet, jusqu’à ce qu’elle s’écoule par le trou de drainage. Mais si vous voyez que l’eau s’écoule immédiatement, cela signifie que le substrat ne retient pas l’eau. Pour certaines espèces qui aiment l’humidité ce sera un problème. Et dans presque tous les cas, cela signifie surtout que votre substrat est épuisé.

Les avantages : cette méthode permet de doser précisément la quantité d’eau que vous apportez à votre plante. Le souci c’est que ça peut vite devenir dangereux, notamment avec « juste un petit verre d’eau à chaque fois que je passe devant« . Peu ne signifie pas (forcément) souvent.

Cette méthode devient toutefois incontournable à partir d’un certain volume. Les grands palmiers et autres Monsteras imposent leur loi : le pot est tout simplement trop grand pour être immergé. On arrose alors par le dessus, lentement et en plusieurs fois pour que l’eau pénètre vraiment plutôt que de glisser sur les côtés.

Variante sympa : la douche occasionnelle, à l’eau tiède. Elle rince le feuillage, élimine la poussière, et hydrate le substrat en profondeur. À faire de temps en temps, pas à la place de l’arrosage régulier.

Dans tous les cas, et quelle que soit la méthode : laisser bien égoutter complètement le pot avant de le remettre dans son cache-pot ou sur sa soucoupe. Une plante qui baigne dans l’eau stagnante, c’est la porte grande ouverte à la pourriture racinaire.

🪴 Vert Dure vous permet de noter vos observations plante par plante. Tout est enregistré. Un petit journal de bord qui fait toute la différence sur le long terme.

Ma pratique personnelle

Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, mais voici comment je fais pour gérer ma collection de 50+ plantes.

J’arrose toujours par le bas par défaut, pour la grande majorité de mes plantes, sauf les très grandes. Plusieurs pots à la fois dans un bac, 15 minutes, et c’est fait. C’est efficace, rapide, et je sais que le substrat est vraiment hydraté en profondeur, pas juste en surface.

J’immerge les pots aux 3/4, et je verse toujours un peu d’eau par dessus pour hydrater tout de même la surface. J’en profite pour bien brumiser le cœur des plantes, histoire d’éviter toute attaque d’araignées rouges.

J’utilise de l’eau à température ambiante, et pour les plantes délicates citées plus haut soit de l’eau de pluie soit de l’eau déminéralisée ou de source. Pour info, le bidon de 5L c’est 0,70 €. Tant que la plante n’est pas malade, elle se baigne avec les autres, dans la même eau. J’ai pas non plus un récupérateur de 200 L.

J’arrose une fois par semaine, le week-end, mais j’adapte selon la saison et l’état de la plante. En hiver, certaines plantes font une semaine de plus sans arrosage, et c’est très bien ainsi. Trop d’eau tue bien plus sûrement qu’un léger manque.

Pour mes grandes plantes (Areca, Kentia, etc.) pas le choix : c’est par le dessus, avec parfois une douche en été.

Et dans tous les cas, sans exception : égouttage complet avant de remettre en place. C’est LA règle que je ne transgresse jamais.

N’hésitez pas à me partager vos réflexions, questions ou méthodes dans les commentaires.

 

Ce qu’il faut retenir

Bien arroser ses plantes d’intérieur, ce n’est pas les arroser souvent. C’est les arroser au bon moment, avec la bonne eau, de la bonne façon, selon la plante et la saison. Cela s’apprend, et ça devient vite un réflexe.

La clé, c’est l’observation. Souvenez-vous qu’une plante vous parle en permanence : il suffit d’apprendre à l’écouter.

 

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Sources utiles :

➡️ Le Jardinier Paresseux (Canada)
Avant d’arroser (pas besoin de laisser l’eau reposer)

➡️ Saint-Pierre des Nids (France) :
Comment doser le chlore dans l’eau d’arrosage

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